5 activités d’extérieur pour stimuler votre métabolisme et calmer votre esprit

5 activités d’extérieur pour stimuler votre métabolisme et calmer votre esprit

Par Delfina Ure / Traduit par Mélanie Geffroy – Questions de forme – Publié le 18 juin 2019


©iStock

 

Arrêtez de compter les répétitions et diminuez votre stress cet été en vous entraînant dehors

Que vous partiez en randonnée seule dans la forêt ou que vous fassiez du fitness avec des ami(e)s, laissez vos talons de côté et plongez dans la nature pour rester en forme et mincir sous le soleil.

Ces cinq activités d’extérieur vous aideront à coup sûr à rafraîchir votre routine grâce à Mère Nature qui met à l’épreuve votre force, votre endurance, vos craintes et votre détermination.

LA COURSE EN EXTÉRIEUR

Parties du corps ciblées : les quadriceps, les fessiers, les mollets et le cœur

Il y a quelque chose de très basique à grimper une colline en courant. Il n’y a que vous, vos jambes et votre volonté qui vous aide à gravir cet obstacle. Il n’y a pas de place pour le doute ni pour la peur lorsque vous courez sur les cailloux, sur les racines, dans les cours d’eau et que vous franchissez les arbres tombés. Tout comme la randonnée, la course en extérieur fait travailler le bas de votre corps tout en engageant totalement vos sens. Courir sur un terrain irrégulier met au défi votre coordination et votre concentration mentale, ce qui diminue votre stress. Les coureurs futés conservent leur énergie grâce à des pas plus grands et plus réfléchis. La sécurité est importante en descente. Atterrissez avec les hanches au-dessus des pieds pour éviter de vous blesser.

Intensité : La plupart des parcours sont une combinaison de chemins escarpés et de chemins relativement simples. Les chemins escarpés font travailler les muscles des jambes tandis que les terrains plus plats font travailler votre endurance.

Conseil d’expert : « Atterrissez avec les hanches au-dessus des pieds pour éviter de vous blesser au niveau des genoux, des hanches et du dos. Pour éviter de vous faire mal aux pieds, prenez des chaussures une demie taille au-dessus de votre pointure », conseille Cindy Wyatt, ambassadrice du REI Trail Run.

LE VÉLO EN MONTAGNE

Parties du corps ciblées : les quadriceps, les fessiers, les ischio-jambiers, les mollets, les abdominaux et les bras

Oubliez votre vélo d’appartement. La confiance et la spontanéité sont de mise en extérieur, ce qui rend l’expérience excitante pour vos sens. Que vous montiez ou que vous descendiez, le terrain en évolution constante sera plein d’obstacles pour mettre au défi vos réflexes, votre équilibre abdominal, votre explosibilité, votre force, votre agilité, votre volonté et vos instincts primaires.

Il existe quatre facteurs importants qui influencent votre expérience à vélo : la position du corps, la position de la selle, les vitesses et la préparation à la chute. Vous serez tout le temps dans une des deux positions suivantes : neutre (les coudes pliés, un poids réparti de façon égale sur les pédales, les fesses sur la selle) ou prête (les coudes pliés, les doigts sur les freins et les fesses levées). Quand vous montez une côte, il faut que votre selle soit assez haute pour maximiser l’efficacité et la puissance de l’extension de vos jambes. Quand vous descendez, au contraire, votre selle doit être rabaissée de quelques centimètres et votre poids dirigé vers l’arrière du vélo, les mains fermement serrées autour des poignées et les doigts sur les freins, prête à ajuster la vitesse pour tourner, pour diriger et pour vous arrêter. Les falaises, les pierres, la terre et les graviers peuvent surgir de nulle part. Il est donc crucial d’être tout le temps concentrée et prête à agir.

Intensité : il existe trois types de parcours : les parcours seuls, les parcours doubles et les chemins pare-feu. La plupart des parcours sont souvent un mélange des trois. Les parcours les plus difficiles (les parcours seuls et les parcours doubles), peuvent présenter des ascensions plus abruptes. Les parcours simples ou les chemins pare-feu peuvent tout autant mettre votre corps à l’épreuve, mais ils sont plus simples car le terrain est plus plat, contient moins d’obstacles et ne demande probablement pas autant de manœuvres agressives.

Conseil d’expert : « Plutôt que de scanner le terrain pour trouver des endroits que vous voulez éviter, concentrez-vous sur votre destination. Choisissez un parcours et cantonnez-vous y. Si vous restez coincée dans une ornière, ne vous battez pas contre le vélo. Faites de votre mieux pour en sortir et si c’est impossible, descendez de votre vélo. Il n’y a pas de honte à s’arrêter et à descendre de vélo », affirme Steve Tischler, expert fitness REI en extérieur.

L’ESCALADE

Parties du corps ciblées : les jambes, les abdominaux, les bras, le dos et les mollets

Il n’y a rien de mieux pour vous sentir investie, sexy et forte que la sensation que vous avez quand vous escaladez une montagne à mains nues. Les nombreux styles d’escalade vous mettront au défi de façons différentes. Cependant, si vous êtes novice, il vaut mieux escalader avec un instructeur. Voilà ce à quoi il faut vous attendre : vous serez fermement attachée à une corde qui passe à travers un système de fixation jusqu’à ce que atteigniez le sommet et pendant votre descente. Une fois que vous êtes bien attachée et prête à vous lancer, la première étape pour escalader l’obstacle est de trouver une prise. Vos jambes sont plus fortes que vos bras. Gardez donc vos bras droits et placez votre poids sur vos pieds. Mettez-vous sur la pointe des pieds et collez vos hanches à la paroi en gardant le dos courbé comme si vous vous penchiez en arrière. Plus vous vous penchez et plus le poids passe dans vos jambes, retirant la pression de vos bras, ce qui est essentiel pour grimper avec assurance. Et n’oubliez pas de respirer ! Respirer diminue votre rythme cardiaque, ce qui vous aide à avoir l’esprit clair et à être concentrée.

Intensité : il existe plein de facteurs qui déterminent l’intensité en escalade. La météo, l’altitude, le type de roche, la pente et le type d’escalade, entre autres.

Conseil d’expert : « détendez vos prises. Agrippez vos mains assez fort autour des prises pour vous éviter de glisser. Ne vous agrippez pas plus, sinon vous gaspillerez de l’énergie musculaire. Apprenez en prenant exemple sur les plus grands », déclare Elaina Arenz, co-propriétaire de Chicks With Picks.

LE YOGA

Parties du corps ciblées : les épaules, le dos, les bras et les abdominaux

Bon, vous avez des abdos… Il est maintenant temps de montrer à quel point ils sont forts ! Le stand-up paddle est un entraînement vivifiant pour tout le corps qui fera travailler vos épaules, votre dos, votre torse, vos bras et tous les muscles que vous ne pouvez pas toujours faire travailler à la salle de sport. Assurez-vous de bien étirer les côtés, l’avant et l’arrière de votre corps pour éviter les blessures et les courbatures. Une fois prête, attrapez votre planche et votre pagaie et entrez dans l’eau. Pour vous relever, commencez par vous mettre à genoux, une jambe à la fois. N’allez pas trop vite ! Restez au centre de la planche, un écart entre les pieds aussi grand que celui entre vos épaules, les jambes légèrement pliées. Votre pagaie vous aidera à atteindre votre destination. Attrapez-la à deux mains, une en haut et une au milieu. Tenez-la devant vous, les coudes pliés et ratissez l’eau de chaque côté de la planche. Amusez-vous, souriez et n’oubliez pas : ce n’est pas grave si vous tombez. Remonter sur votre planche sera un entraînement supplémentaire.

Intensité : plus la planche est fine et plus il est difficile de garder l’équilibre. Si vous débutez, choisissez une planche large. Si vous cherchez un vrai défi, prenez une pose de yoga sur la planche. La dernière qui reste sur sa planche a gagné !

Conseil d’expert : « utilisez votre torse pour pagayer en tournant d’un côté à l’autre avec les muscles de votre ceinture abdominale pour éviter de mettre de la pression sur vos articulations. Tirez profit des jours venteux pour activer les plus petits muscles de votre corps. En effet, les éléments naturels changeant mettent votre équilibre au défi », déclare Megan Green, instructrice à la REI Outdoor School.

LE KAYAK

Parties du corps ciblées : le bas du dos, les bras, les obliques, les épaules et les abdominaux

Tout comme pour le stand-up paddle, le secret pour bien pagayer en kayak, c’est la rotation du torse, l’équilibre et le poids. Une fois assise dans le kayak, maintenez vos trois points de contact : le dos collé fermement contre le siège, les pieds sur les pédales et les genoux en contact avec les côtés du poste de pilotage. Vous serez ainsi installée en sécurité dans le kayak. Assurez-vous que votre poids est centré et équilibré et utilisez le haut de votre corps pour pagayer. Les coups de pagaie vers l’avant impliquent un mouvement de pousser-tirer. Les coudes droits et les bras en hauteur, plongez la pointe de la pagaie dans l’eau et poussez-la vers l’avant. Pour donner un grand coup de pagaie vers l’avant, vous devez la pousser loin de vous plutôt que d’utiliser votre force pour la ramener vers vous. Vous pouvez faire tourner le kayak en pagayant du côté opposé auquel vous voulez aller.

Intensité : la position détermine la force. Comme pour la boxe, il faut garder les bras levés et les écarter de vous plutôt que de les ramener vers vous. Plus vous pagayez rapidement et de façon régulière et plus l’entraînement sera intense.

Conseil d’expert : « avec la pagaie dans une main, la plupart des kayakistes ont naturellement tendance à la ramener vers eux. Il est important de bien pousser la pagaie dans l’eau. Aidé par la rotation du torse, ce mouvement fournit un énorme poids, ajoute de la puissance et facilite votre prochain coup de pagaie », affirme Kelly Huffman, employée REI et auteure.

Nous avons testé le yoga sous infrarouge

Nous avons testé le yoga sous infrarouge

La lumière infrarouge a des vertus pour le physique et pour le moral. (A. Delacommune)

 

Faire du yoga en musique, de manière intense et sous une lumière infrarouge… Découverte.

Les lampes infrarouges au plafond viennent d’être allumées et la température de la salle est confortable. Dans le 7e arrondissement de Paris, ce cours démarre dans une petite salle toute noire. Les participants allongés sur le dos inspirent et expirent lentement en fonction des consignes de la professeure.

« Assurez-vous d’avoir bu un coup et d’avoir attaché vos cheveux, car vous allez transpirer , prévient Hélène Duval, professeure de yoga et créatrice des studios YUJ. « Tous les soucis de la journée restent dehors », poursuit-elle. C’est ainsi qu’elle démarre son cours Flowmix.

Elle promeut la régénération cellulaire

Bercés par une musique douce et la lumière des bougies, la voix rassurante d’Hélène Duval nous emporte… Ce cours de niveau intermédiaire dure 60 minutes. Il est tenu par la créatrice elle-même des studios YUJ.

Cette chaîne de yoga sous infrarouge unique en France a ouvert cinq studios à Paris et un à Chamonix depuis 2013. YUJ est aussi une marque de vêtements et d’accessoires de yoga, ainsi qu’une école pour les professeurs.

L’infrathérapie (thérapie sous lumière infrarouge) a été développée au Japon par le Dr Tadashi Oshikawa en 1945. Cette lumière pénètre sous la peau et provoque une importante sudation, entraînant l’élimination de toxines, de déchets de la digestion et de métaux lourds. « C’est ce qui rend l’utilisation de cette lumière particulièrement bénéfique dans le milieu urbain », explique Hélène Duval.

Alors que la lumière infrarouge est invisible à l’oeil nu, on ressent sa chaleur. Après avoir trouvé qu’elle activait la pousse des plantes dans l’espace, la NASA a trouvé dans les années 1990 qu’elle promouvait aussi la régénération cellulaire chez les humains.

Le premier quart d’heure du cours est un réel moment de détente et de déconnexion. Hélène Duval guide le groupe afin que chaque personne soit détendue et consciente de son souffle.

Quelques enchaînements de postures douces mènent progressivement vers les « Flows » de la séance. Ce sont des enchaînements fluides de positions à tenir en équilibre. Souplesse, respiration et force rentrent en jeu pendant que le rythme imposé par Hélène Duval s’accélère progressivement.

Un effort physique drainant

La salle alors à 30°C, les gouttelettes de sueur ne coulent pas seulement sur le front, mais sur toute la surface de la peau découverte. Les leggings, les brassières et les t-shirts sont trempés. Pour une personne non-habituée, pas évident de garder le contrôle de son souffle.

Sur la musique alors plus rythmée, la dernière répétition de chaque flow est libre. Chaque participant peut aller à son rythme et varier les positions selon ses envies.

Avant le retour au calme, Hélène Duval donne plusieurs postures à tenir avec des options plus ou moins difficiles. Poirier, genou derrière l’épaule et équilibre sur les mains… Même si l’équilibre peut manquer pour tenir aussi longtemps que la professeure sculptée, on a l’impression de retrouver une certaine souplesse de son corps d’enfant. « Vos tissus musculaires sont échauffés, ce qui vous rend beaucoup plus souples », explique Hélène Duval.

La séance se termine sur le dos comme au début. La lumière infrarouge s’atténue et la température du corps redescend progressivement, avant de retrouver sa vie trépidante laissée derrière la porte.

L’utilisation abusive de la lumière infrarouge pourrait nuire à la peau et aux yeux. Elle doit cependant être extrêmement intense pour avoir des effets négatifs. Une étude canadienne a démontré que bien dosée, la lumière infrarouge apportait des qualités pour la peau similaire à la lumière du soleil.

Yoga : un sport bon pour le corps et la tête

Yoga : un sport bon pour le corps et la tête

Connu pour ses qualités pour le bien-être et la détente, le yoga n’est pas juste un rituel solitaire… C’est aussi un sport complet.

La souplesse est essentielle dans la pratique du yoga. (www.pexels.com)

Des hamacs du yoga aérien à la chaleur du bikram, qui se pratique dans une pièce chauffée à 40°C, le yoga se pratique aussi bien dans la concentration et l’élévation spirituelle que de manière tonique et dynamisante.

Cette discipline ancestrale englobe postures, respiration et méditation. Accessible à tous avec peu de matériel, il fait de plus en plus d’adeptes. Plus d’un Français sur dix aurait trouvé l’engouement dans une de nombreuses formes de yoga.

Sculpter son corps, vider sa tête

Hélène Duval, professeur de yoga et fondatrice des studios de Yuj yoga, ne jure que par cette discipline pour un avoir un corps sculpté. « Le yoga renforce les muscles par le maintien des postures, explique-t-elle. Certaines d’entre elles sont physiquement intenses ». Il existe une multitude des ces positionnements de corps. Debout, assis, à genoux ou sur une jambe, la variété permet de travailler les muscles du corps entier.

Le maintien des positions fait travailler les muscles stabilisateurs et les muscles profonds. Les mouvements se font toujours avec contrôle et conscience du corps. En se déplaçant, d’autres formes de contraction musculaire rentrent en jeu, permettant aussi de varier la manière de travailler les muscles. « Le yoga est une pratique complète », souligne-t-elle.

Au cours de leur formation, les professeurs de yoga doivent suivre un module sur l’anatomie. C’est ce qui leur permet d’ajuster avec attention les positions de leurs élèves. « Ces connaissances leur permettent de savoir si les bonnes parties du corps sont sollicitées à tout moment », indique Hélène Duval, également fondatrice de la première école française de formation professionnelle des professeurs de yoga.

Bien respirer pour aller plus loin

Un des premiers objectifs du yoga est de concilier le corps et la tête. Pour puiser dans ses réserves de force et tenir en équilibre, on se sert consciemment de la respiration. « On arrive parfois même à faire travailler des endroits de notre corps que ne connaissait même pas », dit Hélène Duval.

Alors que certaines formes de yoga se font uniquement au sol, d’autres sont dynamiques et demandent un effort physique important. « Le yoga flow, par exemple, est une forme de yoga athlétique, indique la chef d’entreprise. Le yin est plutôt une introspection qui permet de se recentrer pour mieux vivre sa vie ».

Les formes de yoga calmes et les formes de yoga dynamiques restent complémentaires. « Étant une personne qui a de l’énergie, j’ai besoin du yin me recentrer », explique Hélène Duval. Le fait de se dépenser, mais aussi de prendre le temps de se détendre serait la façon de trouver une réelle harmonie pour être plus heureux.

Même si le niveau de yoga augmente avec une pratique régulière, il n’a pas l’aspect compétitif des autres sports. Alors qu’en course à pied, on cherche à améliorer son temps ou même à courir plus vite que les autres lors d’un marathon, au yoga on ne se concentre que sur soi. Selon Hélène Duval, « c’est un sport qui permet de rentrer en lien avec soi-même profondément pour mieux se connaître et donc pour mieux vivre ».

Le Breathwork, un souffle transformateur

Yoga magazine – Publié le 21 mai 2019

Clémentine a testé le Breathwork, une technique de respiration permettant un total lâcher prise et de puissantes révélations intérieures. Découvrez son expérience et l’interview de Susan Oubari, l’américaine qui a importé cette discipline à Paris.

J’ai testé… le Breathwork

Des bougies, de l’encens, des guirlandes lumineuses… et un panier de basket. En un rien de temps, Susan Oubari vient de transformer le gymnase de l’Église Américaine de Paris en une bulle douillette. Comme la Rebirth thérapie et la respiration holotropique, le Breathwork est une transe d’hyperventilation thérapeutique.

On inspire par la bouche en deux temps, d’abord en gonflant le ventre (« comme si on voulait attraper ce qui est enfoui en nous avec un crochet ») puis en gonflant les poumons, et on relâche une expiration « légère comme une plume ». Semblable au va-et-vient des vagues, ce cycle se répète à un rythme soutenu pendant 26 minutes, sur de la musique, et se termine par 10 minutes de silence et de respiration nasale, pour « redescendre ». Allongés sur nos tapis, un masque sur les yeux, une couverture sur le corps, et c’est parti. Mon ventre remue et semble danser à chaque inspiration ! J’aime le fait que la musique soit assez forte pour me laisser une sorte d’intimité : bien que nous ayons tous une respiration assez sonore, je n’entends pas vraiment celle de mes voisins. Très vite, je perds toute notion du temps et les symptômes habituels de l’hyperventilation se font sentir (léger étourdissement, engourdissement des mains, des bras et des jambes), preuve que la composition chimique de mon sang est en train de changer.

Une fois que mon corps a compris le rythme à suivre, mon esprit quitte le gymnase : je le visualise, je suis… un toucan qui survole une immense forêt ! Cet élan de liberté me fait monter des larmes – « la première fois, j’ai pleuré pendant toute la séance », m’a confié ma voisine de tapis juste avant de commencer…  Puis, tout en frappant un gong, Susan nous invite à tout lâcher en criant. Le gong est si fort que je m’entends à peine le faire, et c’est libérateur : je me surprends à pousser un long rugissement de guerrière ! Quand, dans la vie de tous les jours, avons-nous l’occasion de faire cela ? Je me sens électrique, pleine d’une énergie nouvelle. Le rythme de la musique baisse. C’est le moment de revenir à une respiration normale – plus difficile à dire qu’à faire. Susan, également Maître Reiki, appose ses mains sur mon front et ma cage thoracique ; elle canalise mon énergie et m’aide doucement à redescendre. Quel voyage ! L’expérience de cet état de conscience modifié, très marquante, me rappelle que la respiration est ce que nous avons de plus puissant pour vivre notre vérité… et moi, je ne suis pas près d’oublier mon vol au dessus de l’Amazonie.

« La respiration active physiquement le corps et révèle ce qui se cache derrière nos fortifications. » – Susan Oubari

 

Yoga magazine : La première séance de Clémentine a été très positive, elle a vécu un sentiment d’immense liberté. Est-ce toujours le cas pour les premiers venants ?

Susan Oubari : On peut vivre une expérience magique comme on peut en vivre une terrifiante. Il faut savoir que cet exercice [comme toutes les formes d’hyperventilation, ndlr] peut réveiller de vieux démons. Récemment, j’ai reçu une femme pour une séance privée de coaching et Breathwork. Les cinq premières minutes ont été dures pour elle, car elle a réalisé l’ampleur d’un traumatisme d’abandon vécu pendant l’enfance. Pour moi, le Breathwork a été transformatif. J’ai pu revenir sur une période difficile de ma vie et déculpabiliser. Ça m’a permis de trouver la confiance en moi, pour comprendre que cette période-là ne définissait pas mon identité, que je valais beaucoup plus que cela, et que je ne devais pas garder ces souvenirs au fond de moi comme un terrible secret. Si l’on est déjà suivi par un thérapeute, le Breathwork peut être comme un petit coup de pouce sur son chemin de guérison.

 

Comment expliquez-vous que l’on puisse vivre une telle transformation rien qu’en respirant ?

Quand on respire à fond, cela oxygène le sang. Quand on oxygène le sang, cela oxygène le cerveau. L’hypothalamus libère alors des endorphines vers les glandes endocrines – or, ces glandes sont situées exactement au niveau des 7 chakras. Cela fait donc vibrer les chakras, ils « tournent » comme des roues. Grâce à la respiration, l’énergie circule plus librement, ce qui fait remuer les émotions endormies.

Au bout de quelques minutes, un phénomène a lieu grâce à cette respiration, appelé transient hypofrontality. La partie frontale (analytique, intellectuelle) de notre cerveau se met en veille : s’ensuit une perte de la notion du temps, un sentiment d’euphorie, on est amoureux de la vie ! Si vous aimez courir, vous savez que les coureurs appellent ce phénomène le « runner’s high ». C’est un effet similaire à la prise de LSD. Dans les années 70, des psychiatres ont fait des recherches sur les effets thérapeutiques de ce genre de drogues. Quand le LSD a été interdit, ils ont continué leurs recherches pour voir si l’on pouvait obtenir ces effets sur le corps de manière naturelle. Et la réponse est : en respirant !

 

Diriez-vous que le Breathwork est une forme de méditation active ?

Oui, complètement. Cela peut aider les gens qui n’aiment pas méditer ou qui ne savent pas comment faire : ils ne ressentent pas les effets positifs de la méditations parce qu’ils sont tellement ailleurs, ou dans leur tête… On peut faire du Breathwork tous les matins pendant 20 minutes, exactement comme une méditation. C’est ce que je fais – sauf quand j’ai un rhume ! Il existe de nombreuses autres formes de thérapies basées sur l’hyperventilation (la Rebirth Therapy, la respiration holotropique…) mais elles sont plus intenses : elles durent plusieurs heures et sont très encadrées.

 

Dans vos explications au début de la séance, vous avez enjoints les participants à respirer en gonflant le bas du ventre comme si on le « tirait avec un crochet » pour le faire « remonter ». Or, on dit souvent que les émotions bloquées sont là, dans le bas ventre. Les mouvements physiques de la respiration ont-ils eux aussi leur rôle à jouer ?

Tout à fait. Quand l’énergie ne circule pas bien (si un chakra est « bloqué », par exemple) on le sent : on ne dort pas bien, notre journée est foutue ! En visualisant ce crochet, on crée un chemin pour l’esprit pour que le blocage se révèle. Les tensions que nous accumulons, que ce soit depuis 15 ans ou depuis hier, recouvrent littéralement notre âme. Nous avons mis en place tout un système de « fortifications ». Des armures. “Je dois dire oui à tout le monde parce qu’on m’a appris à le faire”, “je ne dois pas tomber amoureuse parce que je ne veux pas me blesser ou être vulnérable”… Tout cela est lié à la peur, aux conditionnements qui nous rendent rigides. Quand on lâche l’égo et les fortifications, avec une respiration qui active physiquement cette partie du corps, on peut dévoiler se qui se cache derrière tout ça : la vérité. C’est à dire, l’âme. Et quand on entre en connexion avec notre vérité, on peut déployer nos ailes.

 

Vous pratiquez également des soins Reiki pendant la séance. Comment avez-vous eu l’idée de créer cette association ?

Je fais du Reiki depuis 14 ans, et je suis passée Maître Reiki en 2012. Cette pratique a absolument changé ma vie. À l’époque, je travaillais comme une folle, mon mari voyageait beaucoup et ma fille de 6 ans avait un nouveau tic d’anxiété toutes les semaines… Je ne supportais pas qu’il n’existe pas un médicament à prendre pour régler tout ça ! Avec le Reiki, j’ai compris quelles étaient mes valeurs, mes croyances, mes priorités, et j’ai compris que je faisais tout à l’envers. J’ai dû tout remettre en place… J’ai changé de travail et ma famille m’a suivie : nos rapports se sont adoucis, ma fille a guéri… Cependant, un problème subsistait : mon milieu méprisait mon activité en taxant le Reiki de mascarade new-age. Je parlais d’énergie universelle et mes amis et mes collègues dans le milieu de la mode pensaient que j’étais complètement dingue ! En France, des émissions de télé disaient qu’on appartenait à une secte, qu’on se prenait pour des sorciers… C’était très difficile à vivre, quand moi-même je connaissais les bénéfices extraordinaires du Reiki. Avec le Breathwork, j’ai trouvé quelque chose de totalement pragmatique : tout le monde respire, même mon mari ingénieur ! C’est ce qui allait m’aider à être mieux comprise. Et c’est une porte d’entrée vers le Reiki.

 

Comment mêlez-vous ces deux expertises ?

En posant mes mains sur leurs pieds, j’aide les participants à s’enraciner. En posant mes mains sur leur tête, je sais que je peux les emmener à un autre niveau de leur voyage. C’est aussi un moyen de rassurer les participants. Je suis très attentive tout au long de la séance : si quelqu’un souffle trop fort ou semble angoissé, je le calme, je lui rappelle qu’il peut revenir à une respiration normale à tout moment.

Pour en savoir plus sur Susan et le Breathwork : www.susanoubari.com/about-breatheinparis

Texte et interview : Clémentine Koenig. Photographies : Linda Mackie Photography (portrait) et Jean Picon pour l'Usine Saint Lazare