Y a-t-il un pilates dans l’avions ?

Y a-t-il un pilates dans l’avions ?

par Margherita Nasi – Society – paru le 6 août 2020

Pendant le confinement, les exercices de pilates à la maison ont cartonné. Mais combien des nouveaux adeptes connaissent Joe Pilates et savent que l’homme a créé la méthode à son nom depuis un camp de prisonniers de la Première Guerre mondiale, justement en pleine épidémie de grippe espagnole ? Retour sur un mythe et sa légende.

Entre 20 et 50 millions selon l’Institut Pasteur, jusqu’à 100 millions selon des décomptes plus récents. Le nombre de morts de la grippe espagnole depuis 1918 à travers le monde est toujours impressionnant.
Pourtant, parmi les prisonniers internés sur l’île de Man, on en compta zéro. Un miracle ? Presque. Le remède béni par les 23 000 détenus du camp de Knockaloe à la fin de la guerre n’est ni un vaccin ni un médicament, mais un émigré allemand aux cheveux en pagaille et au nom aussi retentissant que sa méthode : Joseph Hubertus Pilates. Avec pour tout bagage des muscles saillants, un œil de verre et un anglais bancal, ce veuf de 30 ans n’avait pourtant débarqué en Angleterre qu’en 1914, quittant sa patrie et son métier de brasseur pour percer dans le pugilat à Londres, alors la Mecque de la boxe. Il avait fini dans une troupe de cirque, à faire l’acrobate et la “statue grecque vivante” : semi-nu, il bombait le torse et galvanisait la foule, épée ou bâton à la main. Et puis l’histoire se chargea de le mettre provisoirement KO. La Première Guerre mondiale éclata, l’Allemagne et l’Angleterre s’affrontèrent et la vedette teutonne devint une étrangère ; pire, une ennemie. Il fut arrêté et, sous le matricule 16 626, interné plusieurs années à Knockaloe. Dans ce camp perdu en mer d’Irlande, il posa les jalons d’une méthode qui bouleverserait l’histoire de l’activité physique. Et, selon ses dires, d’innombrables vies. “Partout, les gens tombaient comme des mouches. Dans mon enclos, personne ne mourut”, se targuera dans la presse l’inventeur de la méthode Pilates. Aux yeux de ses codétenus, qui continueront de lui écrire tout au long de sa vie, Joseph est un héros.
Un siècle plus tard, la pratique à laquelle il a légué son nom a traversé l’océan, séduit des stars comme Madonna, Oprah Winfrey, Dua Lipa ou Uma Thurman, et compte aujourd’hui près de onze millions de pratiquants rien qu’aux États-Unis. Des chiffres que l’épidémie de Covid-19 pourrait bien avoir boostés. Pendant le confinement, Bob Tahri, médaillé de bronze aux championnats du monde d’athlétisme en 2009, a par exemple proposé tous les jours des “exercices de pilates découpés, apprend Bernard Andrieu, philosophe et auteur de Sentir son corps vivant. Le yoga ou la méditation exigent une pratique de la longue durée. Le pilates est plus facile d’accès et apporte un bénéfice immédiat face aux inconvénients du télétravail, aux heures passées devant un écran”. Partout, les cours virtuels explosent. Aux États-Unis, il faut parfois s’inscrire sur des listes d’attente s’étirant jusqu’à huit semaines pour pouvoir pratiquer, raconte Natalia Mehlman Petrzela, historienne de l’exercice physique à la New School, à New York : “On adore l’idée selon laquelle en travaillant, on peut tout faire, même battre une méchante épidémie. C’est peut-être faux, mais c’est rassurant.” On sait maintenant qu’en réalité, c’est surtout à l’isolement de l’île de Man, quasiment épargnée par la pandémie, que les prisonniers de Knockaloe ont dû leur salut pendant la grippe espagnole. Mais peu importe, la légende pilates ne s’embarrasse pas de ce détail. Et son créateur était d’ailleurs prêt à muscler jusqu’à sa biographie pour qu’elle soit contée aux quatre coins du monde.

“Contrologie” et Bauhaus

À partir d’une enfance misérable, Joseph Pilates brodera en effet une épopée grandiose, tirant vanité de ses origines grecques et d’ascendants illustres, à l’image de… Ponce Pilate. En réalité, Joseph Hubertus Pilates naît en 1883 à Mönchengladbach, à l’ouest de Düsseldorf, d’une famille tout à fait rhénane et peu argentée. Son père est forgeron ? Il le présentera comme un ingénieur civil. Il perd la vue de son œil droit après avoir été insulté et brutalisé par des camarades de classe ? Il évoquera “une rencontre de boxe”. Il est atteint d’asthme et de rachitisme ? Il jure ne jamais être allé chez le médecin ni avoir avalé ne serait-ce qu’une aspirine. De ces mystifications en rafale se dégagent néanmoins quelques certitudes. Lorsqu’il a 8 ans, un oncle lui offre un livre d’anatomie qu’il apprend par cœur. Au même moment, il se rend régulièrement au zoo pour étudier les animaux, leurs mouvements, la façon dont ils s’étirent. Dans une Europe décimée par les épidémies de tuberculose, Joseph se passionne pour la santé, et il aura le loisir d’approfondir ses connaissances au cours de ses quatre années d’emprisonnement sur l’île de Man. “Ennui, obsession pour l’apparence physique, capacité extraordinaire à analyser le corps humain : le pilates est issu de ces trois éléments. Dans le camp, Joe initie ses codétenus à sa nouvelle méthode”, résume John Howard Steel, auteur de Caged Lion : Joseph Pilates and His Legacy. De retour en Allemagne, où il se remarie, Joseph conçoit les premiers appareils avec lesquels, aujourd’hui encore, ses adeptes font travailler leurs muscles profonds. En 1922, il brevète sa première invention, le “correcteur de pied”. En 1924, c’est au tour du désormais célèbre Reformer, un banc coulissant équipé de ressorts, barres et sangles. Il élabore aussi une méthode d’exercices et une philosophie personnelle qu’il appelle “contrologie”, en reprenant l’adage du poète Schiller, “c’est l’esprit qui forme le corps”, ainsi que le précepte du Bauhaus, “less is more”. Surtout, cette fois, Joseph flaire la guerre à venir : lorsqu’on lui propose d’entraîner les troupes d’assaut allemandes, il préfère partir pour les États-Unis.
À 42 ans, binocles sur le nez, costume sombre et 500 dollars en poche – toute sa fortune –, celui qui se fait désormais appeler “Joe” embarque sur le Westphalia, où il rencontre Clara, qui deviendra sa troisième et dernière épouse, ainsi que son assistante personnelle. Deux semaines plus tard, le 27 avril 1926, le couple arrive à New York et s’installe à Manhattan, dans ce que l’on appelle alors le Hell’s Kitchen – un quartier malfamé où cohabitent immigrés et artistes désargentés appréciant la proximité avec Broadway et les bas loyers.


Un coup de génie. “Joseph fait le lien entre sa discipline et le show-business américain, une population précaire, sans préparation physique ni assurance, alors même que les acteurs et danseurs doivent pouvoir compter sur un corps en excellente santé”, explique Blandine Montagard, autrice de l’Encyclopédie du pilates et présidente de la Fédération des professionnels de la méthode Pilates. Ruth Saint Denis, pionnière de la danse moderne à la carrière compromise après une blessure au genou, sera la première célébrité à faire confiance à cet Allemand extravagant et à ses ustensiles bizarres. “Après un an de constant travail avec Joe, elle était redevenue mince comme lorsque je l’avais connue, avec les chevilles d’une jouvencelle, et elle n’avait plus de douleurs”, s’enthousiasme alors son mari, le danseur Ted Shawn. Quant à la diva, elle rebaptise Joe “le sculpteur du corps” et ouvre les portes du studio aux people de l’époque. La danseuse Martha Graham, le chorégraphe George Balanchine, la pianiste Elly Ney, le compositeur George Gershwin, la poétesse Mercedes de Acosta, l’actrice Katharine Hepburn, le réalisateur George Abbott, la mécène Peggy Guggenheim, la cantatrice Maria Callas… Tout le Manhattan branché craque pour cet hurluberlu aux pratiques insolites – il aime courir dans le quartier vêtu d’un simple slip bleu ciel – et aux manières brusques. Quand on lui demande la fonction précise d’un exercice, il répond, avec un fort accent allemand : “C’est bien pour le corps.” Quant à sa carte de visite, elle récite : “Un homme est jeune comme sa colonne vertébrale… Une femme est vieille comme elle se voit tous les matins.
”Partout, les gens tombent comme des mouches. Dans mon enclos, personne ne mourut.”
Joe Pilates, après la grippe espagnole.

Le studio de la dernière chance

Lorsqu’il se rend pour la première fois au studio de Pilates pour un torticolis chronique, son futur biographe, John Howard Steel, est reçu en caleçon et pantoufles : “Joe était très bronzé, avec une crinière de cheveux blancs, les bras musclés et les veines saillantes, écrit-il dans son livre. Il portait des lunettes à verres épais, dont l’étrange monture en plastique avait été rafistolée avec du scotch, et fixait sur moi son œil de verre. Il dégageait l’autorité d’un sergent de la marine, et un peu de sa méchanceté aussi. Il m’observait, sans rien dire. Pour briser la glace, j’ai voulu lui expliquer ce qui m’amenait. Il a émis un grognement: il n’avait aucune envie de discuter, et moi je voulais fuir.” La salle de gym, où trône une statue en bronze de Pilates, est parsemée d’appareils bizarroïdes aux noms peu engageants, comme “le grand baril” ou “la guillotine”. En guise d’introduction, trois phrases : “J’ai inventé tous ces équipements pour enseigner la contrologie. C’est tout ce qu’on fait ici. C’est tout ce dont tu as besoin dans la vie.” S’ensuit une série d’exercices, auxquels Joe met brusquement un terme au bout de 45 minutes : “OK, c’est fini, douche et tu te changes. Baisse tes épaules, lève ton menton. On se voit après-demain, 7 h. Cinq dollars.” Le nouveau client vomit dans les vestiaires, puis ressort avec l’impression d’avoir été passé “dans une essoreuse, comme dans les dessins animés de Bugs Bunny. Mais [il se sent] plus grand aussi. Et plus détendu”.

La chanteuse d’opéra Roberta Peters (deuxième en partant de la gauche) suit un cours de Joseph Pilates (debout) à New York, en 1951. Tout à droite sur la photo, sa dernière épouse Clara, avec qui il travaillait.

Le comportement de Joseph Pilates est aussi bourru que sa méthode est avant gardiste. Régulièrement, il fait irruption dans les douches, au mépris de l’intimité de ses élèves. Il les initie tout simplement à sa propre conception du nettoyage, raconte John Howard Steel : “Alors que je me lavais avec du savon industriel et sans brosse, malgré ses recommandations, il a ouvert les rideaux de la douche, attrapé la brosse et commencé à me frotter comme si j’étais du mobilier d’extérieur, peut-on encore lire dans Caged Lion. J’étais rouge comme une betterave et je pelais, j’étais sur le point de saigner. Quand il a terminé, il est sorti sans dire un mot. Parfois, j’entendais des cris en provenance des vestiaires féminins. Puis, j’entendais Joe dire : ‘Ne t’inquiète pas, il faut juste que je te montre comment te doucher, pour le bien de ta peau.’” Une vision mécanique du corps humain, dont il voulait gratter la rouille avec sa brosse hirsute, et qui correspond au fond aux gommages et autres produits exfoliants aujourd’hui en vogue. Pas le seul domaine où Joe fut en avance sur la mode. “Aujourd’hui, on parle beaucoup d’approche globale, mais à l’époque, traiter le corps de façon organique était révolutionnaire. Joseph Pilates avait compris que pour traiter le mal de dos, il ne fallait pas se concentrer uniquement sur le dos, mais sur tout le corps. Il ne s’encombrait pas de théorie, puisque ça marchait : son studio était la dernière chance de tous les malades chroniques”, explique Yaëlle Penkhoss, la directrice du studio Équilibre Pilates, à Paris. L’homme anticipe aussi la sédentarisation des modes de vie, poursuit la praticienne : “Avant, les professeurs de pilates étaient issus de la danse ou du théâtre. Depuis une dizaine d’années, on voit de plus en plus de personnes venant du marketing ou de l’immobilier, las du travail de bureau.” “La méthode renforce les articulations, la respiration et rectifie les mauvaises postures”, abonde Laurence Thiébaut, professeure à Nancy.

”Quand je serai mort, on dira : ‘Pilates avait raison.’ J’ai 50 ans d’avance sur mon temps.”
Joe Pilates, en 1964
Penché à sa fenêtre, Joe a pour habitude de commenter avec cynisme les postures des passants. On l’entend aussi régulièrement pester, l’haleine chargée d’alcool et de cigarettes, contre la société américaine. Avec les années, ses déclarations dans la presse se font de plus en plus amères. En 1958 : “Quel gâchis  ! Regardez autour de vous : thorax enfoncés, poches sous les yeux, consommateurs frénétiques d’aspirine, toux chroniques.” En 1962 : “Américains, fatigués et stressés… (…) Ils ne sont bons qu’à appuyer sur des boutons et à être manipulés. Cela devient tous les jours plus difficile de ne pas prendre un être humain pour un déchet.” En 1964 : “On prend davantage soin des voitures que du corps (…). Quand je serai mort, on dira : ‘Pilates avait raison.’ J’ai 50 ans d’avance sur mon temps.” Pas faux. Certes respecté par la scène artistique américaine, Joseph Pilates ne connaîtra jamais de son vivant la reconnaissance nationale et internationale à laquelle il aspirait. “La société n’était pas prête : on commençait à peine à comprendre l’importance d’une pratique physique régulière. Et puis Joe était absolument incapable de faire confiance aux autres pour développer la méthode à plus grande échelle”, résume aujourd’hui John Howard Steel. Excellent professeur, Joseph Pilates était moins doué en marketing. Rien que le terme de “contrologie”, le nom original de sa discipline, est rebutant : “Ça sonne comme si on travaillait avec un frein à main, détaille Blandine Montagard. Joseph Pilates se vendait mal. Convaincu de pouvoir soigner le mal de dos de JFK, il est parvenu à rencontrer une personne qui pouvait l’introduire auprès du président mais a fini par s’embrouiller avec. Il était incapable de louvoyer.” Ou de redimensionner ses visées. “Joe est un homme en colère. Il n’a pas de vie sociale, parle de moins en moins, et réduit tout à un seul sujet : la contrologie”, raconte dans son livre John Howard Steel, qui sera la dernière personne à parler avec lui avant sa mort, en 1967, à 83 ans. Ses dernières paroles ? “Un jour, le monde entier reconnaîtra et pratiquera la contrologie.

Les mœurs changent

En attendant, son studio frôle la faillite. Ses disciples sont noyés dans le fatras administratif – Joseph n’acceptait que les paiements en cash et n’avait jamais rempli ne serait-ce qu’une déclaration de revenus – et s’écharpent pour reprendre le contrôle du business. Dans l’ouvrage Joseph Hubertus Pilates : La biografía, Javier Peréz Pont et Esperanza Aparicio Romero citent un ami de Joseph lors de sa cérémonie funéraire : “Ses disciples s’interrogeaient : qui sera choisi pour diriger le studio ? Les uns s’apprêtaient à ouvrir leur propre salle de façon indépendante, les autres voulaient enregistrer la méthode Pilates sous leur nom. Ils n’avaient même pas quitté la chapelle et ils se battaient déjà pour le pouvoir !” Les dissensions sont telles qu’un procès sera ouvert pour déterminer qui aura le droit de se réclamer de la succession de Joseph Pilates. Surtout, les mœurs changent, et la méthode a du mal à suivre. Bientôt, l’ère est aux pattes d’eph’, aux platform shoes et aux discothèques. Après avoir fait la fête au Studio 54, le plus branché des clubs new-yorkais, on va purger drogue et alcool dans les salles d’aérobic, nouvelle discipline à la mode. Les mouvements sont rapides, la respiration abondante et la musique assourdissante, aux antipodes du pilates, qui paraît tout à coup aussi ringard que le casse-noisette. Il prendra sa revanche à la fin des années 80, quand les adeptes du sportswear en lycra constateront des traumatismes au niveau des genoux, du dos et des articulations. Le pilates apparaît alors comme la solution. Les hippies des années 60 et 70 ont grandi, l’ancienne contre-culture revient en grâce. “En réaction à l’individualisme narcissique des années 80, on s’intéresse à des pratiques plus holistiques, comme le yoga et le pilates”, retrace Natalia Mehlman Petrzela. En 2000, après plusieurs années de bataille judiciaire, le terme “pilates” devient enfin un nom commun, comparable au yoga ou au karaté, et ne peut donc être protégé ni considéré comme une marque. “Tous les profs qui donnaient des cours en catimini et ne communiquaient pas sur le nom de la méthode ont pu alors émerger”, raconte Blandine Montagard.
Quand Laurence Thiébaud s’installe en région parisienne en 2009, les studios de pilates se comptent sur les doigts d’une main. Il y en a désormais une cinquantaine, rien que dans la capitale. À Londres, ils se dénombrent par centaines. “Au début, je devais expliquer ce qu’était le pilates. Là, je dois expliquer ce qu’il n’est pas”, se désole la professeure, qui regrette que la méthode soit devenue si populaire, pour le meilleur mais aussi pour le pire, avec des idées fausses et le développement de formations extrêmement rapides et peu soucieuses d’intégrité. “Si Joe voyait ce qui se passe, il faudrait le mettre sous calmants. Mais une fois que les sédatifs auraient fait leur effet, il serait heureux de savoir que son nom est presque aussi connu que celui de Mickey Mouse”, s’amuse John Howard Steel. Peut-être serait-il aussi ravi de découvrir que, comme lui, l’humanité aime se bercer de légendes. Les récentes biographies consacrées au personnage démontent ses assertions sur la grippe espagnole endiguée par sa méthode, poursuit Steel : “Je pensais que les lecteurs allaient tomber des nues, un peu comme si on leur disait que Jésus n’a pas marché sur l’eau. En fait, les gens s’en moquent.” Et persistent, plus que jamais, dans leur culte.
Le coronavirus attaque les poumons, or la respiration est un élément essentiel du pilates : je suis asthmatique, et cette méthode m’a beaucoup aidé, souligne Mark Pedri, réalisateur d’un documentaire sur le pilates. Par ailleurs, l’exercice physique booste le système immunitaire. Bien sûr, rien ne prouve que la pratique aide à prévenir la grippe ou le coronavirus. Mais qui peut prouver le contraire ?” Imparable. Comme aux internés de l’île de Man, les entraînements de Joseph Pilates auraient aussi apporté un soutien psychologique non négligeable aux confinés que la dépression guettait, rappelle Eva Rincke, autrice d’une autre biographie du créateur : “On parlerait aujourd’hui de pleine conscience. Les détenus se sont concentrés sur leur corps plutôt que sur leur situation désespérée. Ils ont pu aller de l’avant, et ne l’ont jamais oublié.” Toute sa vie, Joseph Pilates gardera sur lui une lettre de remerciements écrite par un interne de l’hôpital de Knockaloe, adressée à “notre cher camarade Pilates, notre professeur de culture physique, qui fut si généreux pendant ces quatre années épuisantes pour les nerfs. Grâce à son entraînement, nous sommes arrivés au meilleur de nous-mêmes, non seulement physiquement, mais aussi spirituellement”. À défaut de sauver l’humanité des pandémies, Joseph Pilates a rappelé une vivifiante évidence : tout mythe contient une part de vérité.

Dernières informations de l’AMGV

Dernières informations de l’AMGV

 

Publié le 4 juillet 2020

Bonjour à tous et toutes,  

Je fais suivre un message de Bénédicte. Nos animateurs sont motivés pour vous retrouver tous en forme en Septembre, alors si vous êtes disponibles … 

J’espère que vous allez bien et que cette période difficile que nous venons de traverser n’a pas été trop éprouvante pour chacun d’entre vous.

J’ai hâte de vous retrouver à la rentrée de septembre, mais en attendant je propose des séances de Pilates /yoga en juillet pour les personnes qui le souhaitent.

Ces pratiques ont lieu à Nîmes, au bois des Noyers à différents horaires, selon les jours et les mesures de distanciations respectées.

Ouverts à tous, adhérents et non adhérents, avec une participation de 5€/cours et son assurance personnelle. Prévoir un tapis et une bouteille d’eau pour vous hydrater.

Le bois très ombragé est en parfaite adéquation avec la pratique des séances de yoga/Pilates et nous y serons bien. Par ailleurs, il est facile d’accès, le parking gratuit, proche du centre de Nîmes, car situé juste derrière le parc Georges Besse (vers le quartier des Espagnols).

Les dates proposées :

               mardi 7 juillet à 12h15

               jeudi 9 juillet à 18 h30

               jeudi 16 juillet à 18h30

               jeudi 23 juillet à 12h15 et 18h30

               mardi 28 juillet à 12h15

               jeudi 30 juillet à 18h30

Si vous êtes intéressés, merci de bien vouloir me tenir informé des cours envisagés afin de pouvoir m’organiser.

Il vous suffira juste de me confirmer votre présence par sms deux heures avant le cours.”

Notre année sportive AMGV s’achève déjà mais, afin de continuer à faire du sport cet été, Olivier (à l’instar de Cathy) nous propose des cours de gym plein air tous les vendredi du mois de juillet, de 9h à 10h30 (participation de 4€/cours), au parc de la Vieille Fontaine de Manduel. Cependant, pour fonctionner, ce cours a besoin d’un minimum de participants, aussi, si vous êtes intéressé, veuillez nous en informer au plus vite par retour de mail, et nous vous tiendrons au courant pour un premier cours vendredi 10 juillet.

D’autre part, ayant été privés de randos depuis le mois de février, Olivier nous propose de nous retrouver samedi prochain 11 juillet pour une petite randonnée d’environ
11 km autour de Vic-le-Fesq (près de Quissac) suivie d’un pique-nique au bord du Vidourle. Le rendez-vous est fixé à 8h30 au rond-point de la Nouvelle, D999 (entre Combas et Vic-le-Fesq)

L’année sportive s’est terminée par un dernier trimestre marqué par le confinement. Nos animateurs ont fait le maximum pour maintenir le lien sportif qui nous unit et nous leur en sommes tous reconnaissants Ils continuent d’ailleurs durant le mois de juillet.

Nous devons penser à la saison qui vient et s’ouvrira dès le 5 Septembre par le forum des associations à Manduel.
Nous vous attendons nombreux et confiants pour une nouvelle saison sans mauvaise surprise.
Pensez à vous munir de votre certificat médical (si le dernier a plus de 3 ans) et d’une photo pour votre prochaine carte d’adhésion. Un dossier complet sera traité immédiatement.
Participer à l’AMGV, c’est la joie de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes valeurs sportives, de favoriser le lien social, de se sentir utile.  Lors de la prochaine assemblée générale qui se tiendra à l’automne, nous vous solliciterons pour élire de nouveaux membres au bureau.  Nous vous remercions d’y réfléchir .

Communication AMGV

« On n’a jamais autant fait de sport que depuis qu’on est confinés ! » : la partie émergée de l’iceberg ?

« On n’a jamais autant fait de sport que depuis qu’on est confinés ! » : la partie émergée de l’iceberg ?

https://theconversation.com/on-na-jamais-autant-fait-de-sport-que-depuis-quon-est-confines-la-partie-emergee-de-liceberg-135374
Faire du sport chez soi, seul ou en famille, pour continuer à bouger pendant le confinement. Pexels

Il n’y a qu’à regarder par la fenêtre, dans la presse ou sur les réseaux sociaux : on n’a jamais vu autant de personnes pratiquer du sport que depuis que le confinement a été imposé. Entre la famille voisine qui sort deux fois par jour pour une balade poussette-roller-trottinette dans le quartier, le voisin féru de vélo qui passe son temps sur sa monture dès l’apparition des premiers rayons de soleil, le jeune couple qui se découvre soudainement une passion pour la course à pied, ou encore la voisine qui suit sur son grand écran, musique à bloc, le dernier cours virtuel de body training animé par son coach préféré, les exemples ne manquent pas.

Confinés chez nous, les réseaux sociaux font inévitablement davantage partie de nos passe-temps favoris qu’à l’accoutumée. Chacun s’en donne à cœur joie : entre les « Covid-19 challenges » qui inondent nos fils d’actualité d’exploits physiques… et de papier-toilette, les parents qui partagent fièrement leurs incroyables parcours de motricité confectionnés avec amour pour leurs bambins, les selfies en plein effort « #fightcovid19 », il y a vraiment de quoi culpabiliser à rester calmement chez soi à attendre que la crise passe…

Mais est-ce que tout cela ne serait pas que le fruit d’un concours de circonstances exceptionnel ? Ne nous voilons pas la face en observant la rutilante et illusoire partie émergée de l’iceberg ?

Théorie de la motivation

Cette expérience unique, in vivo et sans essais cliniques préalables, met à rude épreuve nos habitudes au point d’altérer fortement notre quête du graal à tous : vivre heureux, en embrassant pleinement nos besoins psychologiques fondamentaux. Pourquoi parler de ces besoins ? Car ce sont ces derniers qui nous poussent à l’action, et en parlant de sport, qui vont nous motiver à enfiler nos baskets ou alors à rester confortablement dans notre canapé.

Il n’existe bien sûr par qu’une seule théorie de la motivation. Tentons d’expliquer ce qui se passe pendant cette crise au travers d’une d’entre elles, la théorie de l’autodétermination. Au cours de notre existence, et ceci est vrai dans le domaine du sport, nous sommes poussés à l’action par trois grands besoins psychologiques qui vont contribuer à notre bien-être :

  • Le besoin d’autonomie : c’est le besoin de se sentir à l’origine ou à la source de ses actions. En période de confinement, en voilà déjà un qui est mis à mal ! Plus question de faire ce qu’on veut. Que fait maintenant le footballeur qui avait l’habitude d’aller jouer avec ses amis sur le terrain voisin ? Que fait la grand-mère dont la routine du dimanche était d’aller nager ses 25 longueurs à la piscine publique ? Que fait l’adepte d’équitation privé de ses sorties ? Ce recul de notre niveau d’autonomie pourrait-il être à la base des comportements observés qui frôlent voire dépassent les restrictions imposées par nos autorités ? Une frustration de ce besoin peut sans aucun doute mener à une recherche de liberté qui n’avait jamais été explorée auparavant.
  • Le besoin de compétence : il traduit notre désir de se sentir efficace, utile par rapport à notre environnement. Un artisan dont le savoir-faire est reconnu de tous, un enseignant qui transmet son savoir à ses élèves, un retraité qui partage son expérience bénévolement dans une association, un jeune sportif qui montre fièrement à ses parents le geste technique qu’il vient d’apprendre dans son club. De nouveau, satisfaire ce besoin universel implique une adaptation temporaire de nos comportements, dans la limite de ce qui est autorisé. Le parcours de motricité « maison » permet à l’enfant d’exprimer sa compétence à ses parents, à défaut des habituelles gratifications de l’enseignant ou de l’entraîneur. Les 20 minutes de course à pied sans s’arrêter ou la séquence d’abdos-fessiers réalisés dans leur intégralité peuvent aussi nous apporter cette source de satisfaction personnelle, d’autant plus si un certain nombre de pouces levés valorisent virtuellement notre action.
  • Le besoin d’appartenance sociale : Chacun aspire à être affilié à un réseau, plus ou moins étendu, de personnes importantes à ses yeux. Ce besoin de se sentir connecté et supporté par d’autres personnes, nous l’avons chacun comblé à notre manière. La famille, les amis, les collègues ; tout un maillage distendu par un éloignement physique sans précédent. C’est sans doute dans la poursuite de ce besoin que nous partageons plus que de raison la moindre de nos activités sur les réseaux sociaux ; du moins les activités que l’on va juger socialement acceptables et valorisantes. Le selfie course à pied/vélo ou la vidéo du « Covid-19-challenge » en mode jonglage ou gainage avec du papier toilette en font partie. Mais étant donné que l’on ne partage que ce que l’on veut bien partager, qu’en est-il du reste ? Avouez que le selfie assis dans son canapé circule beaucoup moins sur les réseaux… On aborde ici un des nœuds du problème.

Si ceux qui se mettent en mouvement régulièrement étaient, à l’image de la partie émergée de l’iceberg, sous un miroir grossissant ? Qu’en est-il des autres ? De tous ceux qui, volontairement ou non, ne sont plus en mesure de se mettre suffisamment en mouvement ?

Inégalités face à l’activité physique

Nous ne sommes pas tous égaux face au sport et à l’activité physique. La situation actuelle pourrait avoir tendance à accentuer ces inégalités. Les parents confinés à temps plein dans un appartement avec leurs enfants, les indépendants qui doivent dans l’urgence se renouveler pour espérer faire persister leur activité, le personnel hospitalier qui se donne corps et âme pour sauver la vie des autres, ou enfin tous ceux qui n’ont pas encore ancré la pratique d’activité physique dans leurs habitudes et qui ont besoin d’un soutien extérieur pour persévérer : nous vivrons tous un avant et un après Covid-19.

Il est légitime que nos yeux soient prioritairement tournés vers des besoins de sécurité, comme l’explique Maslow dans sa célèbre pyramide des besoins. Durant et après cette crise sanitaire (nous l’espérons au plus vite), l’activité physique devrait toutefois, dans la mesure du possible et avec toutes les précautions nécessaires, faire partie de notre quotidien.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le manque d’activité physique est considéré comme le quatrième facteur de risque de décès dans le monde et est considéré comme un des principaux facteurs de risque de maladies cardio-vasculaires ou de cancers, occupant les deux premières places de ce funeste podium. Avant confinement, près d’un individu sur trois dans le monde n’était pas suffisamment actif que pour se maintenir en bonne santé.

Alors oui ce constat n’est pas forcément visible à l’œil nu. D’autant plus que le Covid-19 a attendu le retour des beaux jours pour frapper à la porte de nos contrées ; car comme pour la saison des barbecues, il est clairement établi que nous bougeons plus au printemps ou en été qu’en hiver.

Préserver son capital mouvement

Préserver son capital mouvement pendant le confinement, c’est donc en quelque sorte préserver son capital santé et son capital immunitaire, si précieux à l’heure actuelle. L’OMS adresse d’ailleurs officiellement, au-delà des recommandations officielles, certains conseils pratiques (même en situation de quarantaine) pour nous aider à rester actifs en confinement. Les exemples d’activités ne manquent pas, l’essentiel étant de les choisir en fonction de vos goûts et motivations tout en respectant les recommandations des experts.

Pour conclure, revenons à notre iceberg… d’activité physique. Même si cela n’est pas visible par tous, sa fonte est belle et bien réelle durant cette période de confinement. Ne nous attachons peut-être pas autant à sa partie émergée, augmentée par le miroir grossissant des réseaux sociaux et de notre observation accrue du « visible ». Prêtons plutôt attention à sa portion immergée, beaucoup plus vaste et silencieuse, représentée par tous ceux qui ont mis de côté le mouvement de leur vie quotidienne.

Chaque minute en mouvement est une minute de lutte contre la sédentarité. Prendre les escaliers, se lever régulièrement de son canapé, passer un appel en marchant plutôt qu’assis, relever le défi qui vous motive, jardiner, bricoler, danser : ces gestes simples sont une première étape vers un corps en mouvement. Les premières minutes sont celles qui apportent le plus de bénéfices en matière de santé. Chacun peut donc, au regard de ses possibilités, besoins et motivations, intégrer un minimum d’activité physique dans sa vie quotidienne. C’est dans cette conscience de l’importance du mouvement que l’ensemble de l’iceberg pourra se déplacer sereinement et solidairement vers sa prochaine destination.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.