Grippe : pourquoi le vaccin fonctionne-t-il moins bien que prévu ?

Grippe : pourquoi le vaccin fonctionne-t-il moins bien que prévu ?

L’efficacité du vaccin contre la grippe cette année est jugée “modérée”, voire “faible”. © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

L’épidémie de grippe a fait environ 1.100 décès depuis le début de la surveillance. La faute, notamment, à un vaccin “modérément”, voire “faiblement” efficace, selon la souche de virus visée.

ON DÉCRYPTE”Environ 1.100 décès tous âges confondus sont attribuables à la grippe depuis le début de la surveillance.” Voilà les conclusions de l’agence sanitaire Santé publique France, publiées mercredi. Consultations chez les médecins généralistes, passages aux urgences, hospitalisations… tous les indicateurs sont au rouge. Il est certes encore trop tôt pour savoir si cette épidémie sera plus meurtrière que celles des années précédentes, la grippe faisant 10.000 morts par an en moyenne. Mais un constat s’impose d’ores et déjà : le vaccin est moins efficace que prévu.

Un vaccin qui couvre quatre souches virales. Pour comprendre pourquoi, il faut s’intéresser au processus de fabrication de ce vaccin. Celui-ci est réalisé six mois avant le début anticipé de l’épidémie. Le principal défi des chercheurs est de savoir quelles souches de virus mettre dedans. Pour le déterminer, ils s’appuient notamment sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, publiées vers la fin du mois de février ou le début du mois de mars. Par exemple, en mars 2018, l’OMS a recommandé des modifications sur les souches de virus de type A H3N2 et les souches de virus de type B. En revanche, “aucun changement” n’était conseillé pour les virus de type A H1N1. C’est à partir de cela que les chercheurs ont élaboré le vaccin pour la saison 2018-2019. Celui-ci devait protéger contre quatre souches différentes : une de H1N1, une de H3N2, et deux de type B. Avec une efficacité espérée de 60%.

Le temps de fabriquer le vaccin, les industriels parient sur les mutations à venir. Parfois, le pari est gagnant. De temps en temps, moyennement gagné, parfois pas du tout.

Chaque vaccin est un pari“. Aujourd’hui, on en est loin. “Sur le virus classique, la souche A, le vaccin couvre à peu près 50% des gens”, a détaillé jeudi Agnès Buzyn sur Europe 1. Mais c’est surtout les virus de type B que cela pèche. “La couverture est très médiocre, à 20%, ce qui peut expliquer les mauvais chiffres“, a reconnu la ministre de la Santé.

Si la couverture est si “médiocre”, cela peut s’expliquer par le fait que le virus de la grippe peut muter entre le moment où le vaccin est fabriqué et le moment où l’épidémie se déclenche. Dans ce cas, le vaccin n’est plus efficace. “Chaque vaccin est un pari”, a résumé Agnès Buzyn. “Le temps de le fabriquer, et il faut plusieurs mois, les industriels parient sur les mutations à venir. Parfois, le pari est gagnant. De temps en temps, moyennement gagné, parfois pas du tout.”

Une campagne de vaccination pas toujours bien menée. À ce problème de mutations s’ajoutent d’autres difficultés. Par exemple, les personnes très âgées, dont les défenses immunitaires sont déjà affaiblies, sont moins réceptives au vaccin que les autres. La campagne de vaccination n’est pas non plus toujours bien faite. Si les personnes dites à risque se font bien vacciner, ce n’est pas toujours le cas des professionnels de santé, pourtant susceptibles d’être en contact avec des malades. L’épidémie peut donc se propager via les soignants. “J’ai demandé un effort particulier, notamment aux ordres, l’ordre des médecins, des infirmiers, des kinésithérapeutes, pour qu’ils fassent une campagne pro-vaccin“, a d’ailleurs précisé Agnès Buzyn. Jusqu’à ce qu’elle soit levée par décret en 2006, il existait même une obligation pour les professionnels de santé de se faire vacciner contre la grippe. “Je verrai quel a été le taux de couverture cette année des soignants. Si vraiment ça ne progresse pas, peut-être que nous en reviendrons à l’obligation”, a prévenu la ministre de la Santé.

Le vaccin reste le meilleur outil. Car même s’il n’est pas aussi efficace qu’il le devrait, le vaccin reste le meilleur outil à disposition pour se protéger contre la grippe, martèlent les professionnels. “On estime qu’on évite 2.000 décès par an chez des personnes âgées grâce à la vaccination”, rappelle le Dr Sibylle Bernard-Stoecklin, épidémiologiste à l’agence sanitaire Santé publique France auprès de BFM TV. “Le vaccin protège contre des formes graves. Autrement dit, on peut contracter le virus en étant vacciné, mais sans avoir une forme sévère qui conduise à consulter, voire à être hospitalisé.”

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